Secrétariat international de la CNT

Message du Democracy & Workers Rights Center - Palestine

Publié le mercredi 19 mai 2021

Traduction CNT-f
Message du Democracy & Workers Rights Center - Palestine
17 mai 2021

Appel à la solidarité avec le peuple palestinien : mobiliser pour mettre fin à l’escalade de la violence israélienne contre les civils palestiniens

Au cours des huit derniers jours, en représailles aux roquettes tirées par le Hamas et d'autres groupes militants, l'armée israélienne a bombardé et pilonné la bande de Gaza, densément peuplée. Pourtant, les frappes aériennes et les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont ciblé massivement des bâtiments civils, des maisons, des infrastructures, des terres agricoles et des établissements économiques, et plus récemment des bâtiments abritant des bureaux d'agences de presse.

Au 17 mai 2021, le bombardement israélien de la bande de Gaza a déjà causé, selon le ministère palestinien de la Santé, la mort de 198 personnes, dont 58 enfants et 35 femmes, et 1300 blessés. Des familles entières ont été tuées par les bombardements "ciblés" d’Israël. Il n'y a pas d'abris, ni de zones de sécurité dans la bande de Gaza, où les civils pourraient chercher refuge pour échapper aux bombardements. Personne ne peut quitter la bande de Gaza, car la puissance d'occupation israélienne a fermé tous les points de passage. La bande de Gaza est assiégée par la terre, l'air et la mer.

63 bureaux gouvernementaux ont été détruits, dont le siège du Ministère du travail et du Ministère du développement social. Quatre tours résidentielles, qui abritaient environ 300 appartements, ont été complètement détruites, et trois autres ont été partiellement détruites. Ces tours étaient situées dans une des principales zones commerciales de la bande de Gaza et des centaines de magasins ont également été gravement endommagés. Quatre banques locales ont aussi été bombardées. Deux mosquées ont été détruites, d'autres endommagées. Selon une estimation préliminaire, 719 maisons ont été entièrement ou partiellement détruites et plus de 2 500 personnes sont devenues sans abri. 41 établissements d'enseignement ont subi des dommages, ainsi que 10 établissements de santé, dont 6 hôpitaux. De vastes infrastructures routières, de grandes avenues dans le centre de la ville de Gaza et dans le nord de la bande de Gaza ont été détruites. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays ne cesse d'augmenter.

Au 16 mai, 38 000 déplacé.e.s internes cherchaient une protection dans 48 écoles de l'UNRWA à Gaza.

Environ 10 000 maisons sont sans eau ni assainissement dans le nord de la bande de Gaza. L'approvisionnement en eau a dû être interrompu en raison des dommages causés aux principaux réseaux d'eau lors des bombardements et pilonnages de Gaza. Les principales conduites d'eaux usées ont également été endommagées. Le réseau électrique de Gaza a été gravement endommagé, ce qui a entraîné une panne de courant dans la région d’Al-Rimal et une nouvelle diminution de l’approvisionnement en électricité dans d’autres régions. Les pertes pour le secteur agricole ont déjà été estimées par le ministère de l'Agriculture à plus de 10 millions de dollars américains, car les cultures et les vergers, les infrastructures agricoles et les entreprises ont été détruits et parce que les agriculteurs sont incapables d'atteindre leurs terres cultivées. Le manque de fourrage menace l'ensemble du secteur de l'élevage. Depuis le début de l'offensive israélienne, la pêche en mer est impossible, touchant environ 5000 personnes qui dépendent de cette activité pour vivre.

Les bombardements de la bande de Gaza et le nombre élevé de victimes civiles ont déclenché de nouvelles manifestations en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et par des Palestiniens en Israël. La répression israélienne est devenue de plus en plus violente, avec l’utilisation de tirs à balles réelles contre des manifestants en Cisjordanie occupée, ainsi que de balles en acier recouvertes de caoutchouc et de gaz lacrymogènes. À ce jour, 21 civils palestiniens ont été tués, dont un par un colon israélien, et 3728 ont été blessés par cette répression des manifestations.

À Jérusalem-Est, 1 011 Palestiniens ont été blessés, dont 60 grièvement. Les incidents avec des colons israéliens armés attaquant des quartiers et des villages palestiniens, bloquant des routes et lapidant des véhicules palestiniens se sont multipliés ces derniers jours. Et ils le font avec la pleine protection de l'armée israélienne.

L’escalade actuelle de la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est le résultat direct de la politique général d'Israël et de sa politique intérieure. Ces dernières années, lors de toute crise politique ou élection, les dirigeants israéliens ont adopté des politiques pour obtenir le vote ou le soutien des groupes de colons et des juifs ultra-nationalistes religieux.
Au cours des dernières semaines, les mesures israéliennes se sont poursuivies avec les plans d'expulsion par la force des familles palestiniennes de leurs maisons dans le quartier de Jérusalem-Est de Sheikh Jarrah et leur remplacement par des colons israéliens, avec les décisions visant à empêcher les fidèles musulmans de prier à la mosquée Al-Aqsa et sur Le Dôme du Rocher, troisième site sacré de l'Islam, pendant le mois de Ramadan. Les attaques contre les fidèles à l'intérieur du lieu saint doivent être lus dans le contexte des efforts du Premier ministre israélien Netanyahu pour rester au pouvoir en provoquant l'échec de la formation d'un gouvernement sous une direction alternative. Il cherche à créer les conditions pour former un gouvernement d'unité nationale sous sa direction, et ainsi à se sauver des poursuites judiciaires pour corruption. Des groupes racistes et suprémacistes d'extrême droite et des groupes de colons extrémistes ont été autorisés à traverser Jérusalem en scandant "mort aux Arabes" (une marche organisée par le groupe Lehava) et à organiser des attaques contre des civils palestiniens et leurs propriétés à Jérusalem-Est et dans des villes mixtes en Israël, où vivent à la fois les Israéliens juifs et les Israéliens palestiniens., Tout cela se déroule au milieu de l'incitation constante de politiciens comme Itamar Ben Gvir, du parti suprémaciste raciste du "pouvoir juif", récemment entré au parlement israélien, qui a tweeté : "Il est temps de libérer le Mont du Temple et Jérusalem, et montrez-leur une fois pour toute à qui appartient la maison". Les forces israéliennes ont non seulement échoué à protéger les civils palestiniens, mais ont utilisé des tactiques de répression violentes contre eux alors qu’elles essayaient de se protéger et de protéger leurs quartiers contre ces attaques. Rien n'a été fait pour désamorcer la situation.

Le Centre pour la démocratie et les droits des travailleurs en Palestine appelle les organisations et mouvements de la société civile du monde entier, et en particulier le mouvement syndical, à se mobiliser afin de faire pression sur Israël pour qu'il arrête ses bombardements de civils dans la bande de Gaza, sa violente répression contre les Palestinien.ne.s, les manifestant.e.s et que s'arrête l'expulsion forcée de familles palestiniennes à Sheikh Jarrah et dans d'autres régions.

Diffusez des informations sur ce qui se passe, contactez vos élus et gouvernements, exprimez votre solidarité par le biais de pétitions, de lettres, de messages sur les réseaux sociaux et de manifestations pacifiques.

La communauté internationale a le devoir d'intervenir et de prendre des mesures pour arrêter l'escalade de la violence, pour protéger les civils et faire respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'Homme. Toutes les parties qui violent le droit international doivent être tenues de rendre des comptes et l’impunité d’Israël doit cesser.

Nous vous demandons également de continuer à vous mobiliser pour mettre fin à l'occupation israélienne et parvenir à une paix juste, sur la base du droit international et des résolutions de l'ONU, avec la création d'un État palestinien souverain et indépendant basé sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale, et la mise en œuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens.

Enfin, la population de Gaza a un besoin urgent d’aide humanitaire. Le secteur de la santé a besoin de fournitures médicales. Les personnes qui ont perdu leur maison ou ont dû chercher refuge ailleurs ont besoin de nourriture, d'eau potable, de couvertures, de vêtements et de produits sanitaires. Ils auront également besoin de soutien et d'assistance pour réparer et reconstruire leurs maisons et leurs entreprises, remettre en état les terres agricoles endommagées et répondre aux besoins de leurs familles jusqu'à ce qu'ils puissent retrouver un emploi. La terrible dévastation causée par l'offensive israélienne a laissé des gens sans abri, mais a également détruit plus d'emplois et affaibli davantage l'économie, dans un contexte où le taux de chômage a atteint 47% en 2020, et où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Traduction : CNT-f.

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