Secrétariat international de la CNT

Message du Bureau exécutif national à l’occasion du 14e anniversaire du drame de Sapouy (Burkina-Faso)

Publié le samedi 15 décembre 2012

Coordination des Elèves et Etudiants burkinabè -CEEB-

Camarades militantes et militants des organisations membres du CODMPP,
Camarades étudiantes et étudiants, camarades élèves, Compagnons de luttes ;

En ce jour 13 décembre 2012, le peuple burkinabè célèbre le 14e anniversaire de l’assassinat à Sapouy, du journaliste émérite Norbert Zongo, fondateur et directeur de publication de l’hebdomadaire l’Indépendant, et trois de ses compagnons, dont son frère Ernest Yembi Zongo, son ami Blaise Ilboudo et son chauffeur Ablassé Nikiéma, par des éléments de la garde de sécurité présidentielle (RSP) du capitaine Blaise Compaoré. Cette barbarie jamais vécue dans notre pays, a été un déclic pour notre peuple connu surtout pour son refus de l’arbitraire et de la tyrannie. A travers tout le pays, de puissants mouvements populaires se sont engagés pour dire non à cette façon de gouverner du Capitaine Blaise Compaoré et de son clan. Sous la direction du Collectif des organisations démocratiques de Masse et de Partis politiques (CODMPP), la jeunesse scolaire et estudiantine a été un pilier incontournable de cette lutte contre l’impunité des crimes de sang et économiques.

Compagnons de luttes ;
La commémoration du 14e anniversaire du drame de Sapouy intervient dans un contexte international marqué par l’aggravation de la crise structurelle du système capitaliste- impérialiste international, compromettant davantage l’avenir des masses populaire en particulier la jeunesse. Le continent africain demeure un objet de convoitise sur fond de rivalités inter-impérialistes avec leur corollaire d’instabilité politique chronique, de guerres réactionnaires et de guerres de rapines, de coup d’État, etc.
Au plan national, on assiste à un approfondissement sans précédent de la crise sociopolitique et militaire. De nombreux foyers sont dans la détresse et l’incertitude du lendemain avec la vie chère actuellement en cours. Même les élections couplées du 02 décembre 2012, organisées à coup de milliards, ne peut masquer cette triste réalité. Le parti-État et ses satellites ont, comme d’habitude sorti les gros moyens, pour s’accaparer de l’Assemblée nationale, et en faire une véritable caisse de résonnance au service de Blaise Compaoré et de son clan. Mais notre peuple n’est pas dupe et saurait trouver la voie pour un changement fondamental en sa faveur, d’où les nombreuses luttes populaires en cours pour exiger la satisfaction des préoccupations pressantes des masses.

Compagnons de luttes ;
En ce 14e anniversaire de la commémoration du quadruple assassinat de Sapouy, le monde scolaire et estudiantin subi à nouveau la furie répressive du pouvoir de la 4e république. En effet, depuis le mois de janvier 2012, l’Université de Koudougou est en proie un climat social délétère, du fait de l’entêtement du Pr Segda Bila Gérard à imposer des conditions d’étude draconiennes aux étudiants de cette université. La crise a atteint son point culminant les 2 et 3 octobre 2012, avec l’exclusion temporaire (5ans) de l’UK ou définitive de toutes les universités publiques et privées du pays de 14 étudiants, tandis que deux autres étudiants ont assisté l’invalidation de leurs résultats de la 1re session de l’année 2011-2012. Pour justifier cet acte ignoble dont l’objectif inavoué est la liquidation de l’ANEB/Koudougou, section locale de l’UGEB, M.Segda, le tout puisant président de l’UK, a brandi haut et fort aux yeux de l’opinion publique, que les étudiants sanctionnés ont violenté, frappé et humilié, un enseignant en la personne de M.Oubda Mahamadou. Dans le même temps, M.Oubda Mahamadou accordait au bimensuel d’information générale l’Eveil Education N°210 du 20 septembre au 04 octobre 2012 et à la radio Notre Dame de la Réconciliation à Koudougou, une interview dans laquelle il disait ceci : « ...Je rappelle qu’aucun étudiant ne m’a tapé. Je n’ai reçu aucun coup, même une seule injure ou insulte, je n’ai pas entendue...». Nous disposons de la bande sonore de cette interview. Comme il fallait s’y attendre, ces sanctions ont soulevé un tôlé général de tous les burkinabè, épris de justice, en particulier la jeunesse scolaire et estudiantine. Au lieu de chercher de solutions idoines la crise, le sieur Segda s’en prend ouvertement certaines organisations de la société civile accusée de manipuler les étudiants. En outre, certains chefs coutumiers et chefs d’établissement zélés interviennent dans la crise en cultivant l’ethnicisme et le régionalisme contre des burkinabè, dans leur propre pays. Ce, avec la bénédiction du pouvoir de la 4e république.

Compagnons de luttes ;
Le décret N°2012-646/PRES/PM/MESS du 24 juillet 2012 ayant servi de base pour l’exclusion des 14 étudiants de l’Université de Koudougou, est foncièrement liberticide et dénie aux étudiants la liberté d’organisation et de manifestation, pourtant constitutionnellement garantie. Ce décret vise tout simplement à museler la jeunesse estudiantine de notre pays confrontée des dures conditions de vie et d’étude imposées par nos autorités elles-mêmes. En effet l’article 3, il est mentionné : « Sont considérés comme manquement à la discipline :
- l’injure ou la diffamation des autorités académiques et du personnel administratif, technique, ouvrier et de soutien ;
- le vol, la détérioration, la destruction des biens meubles et immeubles et des outils pédagogiques sur le campus ;
- toute attitude de nature compromettre l’action pédagogique ;
- toute attitude, propos ou comportement d’intolérance entrainant un trouble la vie administrative et académique ou causant un préjudice aux personnes ;
- tous sévices moraux ou physiques exercés contre un tiers ;
- les fraudes et tricheries ».
Le caractère liberticide de ces dispositions n’est plus démontrer. Comment envisager une grève d’étudiants sans que cela n’affecte la vie administrative et académique sur le campus ? Comment envisager des actions de meeting, sit-in, marches, etc. sans que cela n’affecte l’Université ?
Le décret est d’autant plus criminel que les sanctions énumérées l’article 34 ne sont pas graduées en fonction de la faute de l’étudiant. Elles sont laissées l’appréciation subjective d’un Conseil de discipline taillé sur mesure. Cinq des huit membres à voix délibérative relèvent des autorités (le président de l’université, son vice président chargé des enseignements et des innovations pédagogiques, son secrétaire général, le directeur des affaires académiques, de l’orientation et de l’information et le directeur de l’établissement concerné). Avec ce décret la porte est désormais ouverte toute sorte d’abus et d’interprétations par les autorités avec des dispositions très subjectives du genre « propos et comportement d’intolérance », « sévices moraux », etc.

Compagnons de lutte ;
En cette triste journée, la CEEB, qui regroupe l’UGEB et plus d’une dizaine d’organisations scolaires de notre pays, réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte auprès des autres composantes de notre peuple, pour que lumière soit faite sur le dossier Norbert Zongo, ainsi que pour tous ceux qui ont été arrachés à leurs familles par le pouvoir du capitaine Blaise Compaoré, dont l’élève Kouraogo Moumouni Pouytenga, et l’écolier Sanou Yahia Bobo- Dioulasso, au mois d’octobre 2012. La CEEB exhorte l’ensemble des élèves et étudiants burkinabè à rester mobiliser et poursuivre la lutte contre l’impunité et pour l’aboutissement de sa plate-forme.

Pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune, en avant !

Pain et Liberté pour le Peuple

Fait à Ouagadougou, le 12 décembre 2012
Le Bureau exécutif national

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