Secrétariat international de la CNT

Maroc : L’ODT-ODE contre la casse du service public d’enseignement

Publié le vendredi 17 octobre 2008

Dans notre pays, et suite à la démission de l'état et la renonciation totale à ses
responsabilités et ses charges, tous les services publics à caractères sociaux souffrent, et en
particulier celui de l'éducation, qui connaît cette année un sérieux tournant, surtout après
l'application du soi-disant "plan d'urgence" qui a été décidé et parachuté sans consultation
et participation des partenaires sociaux.

L'entrée en vigueur de ce programme va porter
définitivement le coup de grâce à l'enseignement public.

C'est qu'il dissimule des procédés
et objectifs visant, absolument à exterminer les fondements principaux de l'école public,
ainsi que l'anéantissement des droits et acquis des membres du corps enseignant.

Convaincue fermement de la nécessité la défense de l'éducation comme service public
et droit fondamental du peuple marocain, et de la mobilisation totale contre les plans
infernaux qui se tissent à l'encontre des travailleurs du secteur, et conformément aux
orientations et aux résolutions du dernier conseil national, l'Organisation Démocratique
d'Enseignement (ODE) affiliée à la centrale syndicale (ODT) a décidé de déclencher une
grève nationale le mercredi 29 Octobre 2008, et ce pour :

1)
- Défendre l'école publique marocaine et le droit de tous les marocains à accéder à un
enseignement gratuit et excellent, du maternel à l'université.
- Assurer l'égalité des chances, la répartition équitable des connaissances et l'accès à un
travail décent.

2) Réagir efficacement contre les orientations impopulaires contenues dans le
programme urgent, qui défavorisent l'éducatif et visent la destruction de l'enseignement
public, notamment :

- Encourager la privatisation et confier le secteur de l'enseignement aux grands
investisseurs (les agences nationales comme exemple) : la construction, l'entretien, le
transport, la sécurité, le gardiennage, la gestion des internats ...

- Supprimer la gratuité de l'enseignement par le biais de la contribution de la société civile
dans un fonds de soutien.

- La promulgation de nouvelles lois en conflit avec celle de la fonction publique et le statut
du personnel du ministère de L'Education Nationale (le recrutement, le congé de maternité,
le congé de maladie ...).

- L'anéantissement des acquis historiques des enseignants : (l'imposition d'heures
obligatoires, professeur mobile, professeur multidisciplinaire, l'application du redéploiement
arbitraire régional, l'emploi contractuel, la recommandation d'enseigner des séances de
soutien ...).

- La continuation à réduire les dépenses dans le secteur de l'éducation.

- La violation du droit de grève en ayant recours aux ponctions sur les salaires des
grévistes.

L'Organisation Démocratique d'Enseignement, d'après le suivi de la rentrée scolaire de
cette année dans tout le pays, réaffirme l'échec de toutes les tentatives de réformes
anciennes et nouvelles, généré par la confusion et l'improvisation, et qu'on ne peut surmonter suite aux ordres et exigences des institutions financières mondiales et aux
déséquilibres structurels suivants :

- Le coût élevé des frais d'inscription et des prix des livres scolaires.

- L'encouragement et le fort soutien à l'enseignement privé au détriment de
l'enseignement public.

- L'insuffisance des établissements d'accueil.

- Le manque d'enseignants (tes) et de cadres administratifs.

- L'éclosion des classes à niveaux multiples.

- La poursuite de la politique de redéploiement arbitraire.

- Les résultats suspects des mouvements régionaux et locaux.

- La suppression de certaines matières (philosophie en troncs communs comme exemple)

- La suppression du procédé d'alternance dans les matières scientifiques.

- La réduction du nombre de séances hebdomadaires de certaines disciplines.

- L'attribution aux professeurs l'enseignement des disciplines qui n'ont rien à voir avec leurs
spécialisations (professeur multidisciplinaire).

- L'intensification du phénomène de l'encombrement à la suite de l'adoption de la politique
d'annexion.

- L'attribution aux professeurs l'enseignement dans plusieurs établissements (professeur
mobile).

- Le maintien illégal des heures de bénévolat.

- L'encouragement de la privatisation de l'enseignement public et la consécration de la
vulnérabilité dans le domaine de l'emploi du dit secteur.

- La suppression systématique de la gratuité de l'enseignement.

L'Organisation Démocratique d'enseignement, qui décide de lancer une grève
nationale le 29 Octobre 2008, demande à toutes les forces vives démocrates, organismes
politiques et syndicaux, associations des droits humains, associations de parents, et les
diverses composantes de la société civile à s'engager dans la forte et responsable lutte
lancée par notre syndicat militant et indépendant.

L'ODE sollicite aussi les représentants des
différents médias à assister à la conférence de presse qui se tiendra le samedi 18 Octobre
2008 au siège central de l'ODT à Rabat à partir de 10 heures pour expliquer les raisons de
cette grève nationale, qui sont, entre autres :

1) La garantie du droit à un enseignement public et excellent pour tous les marocains, du
préscolaire à l'université.

2) Le retrait de ce programme, ou plutôt de ce plan diabolique qui vise à détruire l'école
public.

3) Défendre les acquis historiques des membres du corps enseignant et continuer la lutte pour faire valoir nos revendications justes et légitimes.

4) Pousser instamment les responsables à encourager l'enseignement public et nantir le
secteur par les subventions nécessaires pour le réhabiliter.

5) Assurer l'égalité des chances pour tous les marocains sans discrimination ou préférence
soit au niveau d'études ou d'emploi.

Bureau National,
Secrétaire générale,
Fatna Afid

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