Secrétariat international de la CNT

Burkina Faso : mobilisations contre le coup d’Etat

Publié le samedi 19 septembre 2015

titre documents joints

La CNT-F apporte tout son soutien à la lutte du peuple burkinabé contre le coup d'Etat perpétré par le RSP, et condamne la répression sanglante de ces derniers jours.

Par ailleurs nous dénonçons le néocolonialisme de l'Etat français qui n'a eu de cesse de soutenir la dictature de Blaise Compaoré depuis l'assassinat de Thomas Sankara ; et l'impunité des responsables des assassinats et disparitions de militants syndicaux et politiques, ainsi que de journalistes.

Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes françaises en Afrique et l'arrêt des collaborations militaires ou policières. La CNT-F appelle à rejoindre toutes les mobilisations en France en solidarité au peuple burkinabè.

Naan Laara, an saara ! Solidarité internationale !

Salutations syndicalistes révolutionnaires

Le Groupe Afrique du Secrétariat International de la CNT-France

Ci-joint les communiqués de l'UAS et de l'UGEB (syndicats travailleurs et étudiants du Burkina Faso)


UNITE D’ACTION SYNDICALE (UAS)

LES CENTRALES SYNDICALES DU BURKINA FASO :
Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B)
Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB)
Confédération syndicale Burkinabé (CSB)
Force Ouvrière – Union Nationale des Syndicats Libres (FO- UNS)
Organisation Nationale des Syndicats Libres (ONSL)
Union Syndicale des Travailleurs du Burkina (USTB)

LES SYNDICATS AUTONOMES :
SAIB – SATB – SAMAE – SATEB – SBM – SNEAB – SNESS–SYNATEB– SYNATEL – SYNATIC
SYNTAS– SYNTRAPOST– SYNAPAGER–SYNATIPB –SYNATRAD–SYSFMAB– UGMB

NON AU COUP D’ETAT DU RSP

Militantes et militants,
Travailleuses et travailleurs du Burkina Faso,

Depuis le jeudi 17 septembre 2015, notre pays vit coup d’Etat militaire qui rappelle les années 1980.

En effet, le mercredi 16 septembre 2015, le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) après avoir interrompu le Conseil des Ministres, a pris en otage le Président du Faso Michel KAFANDO, le Premier Ministre Isaac ZIDA et deux membres du gouvernement (Augustin LOADA et René BAGORO). La proclamation du coup d’Etat est intervenue le lendemain 17 septembre 2015. Par la voix du Lieutenant Colonel Mamadou Bamba, le RSP a annoncé 4 mesures dont la dissolution des organes de la transition, la fermeture des frontières terrestres et aériennes, l’instauration d’un couvre-feu et la mise en place d’un Conseil National pour la Démocratie (CND).

En rappel, le mouvement syndical burkinabè, qui a payé un lourd tribut pendant la décennie des Etats d’exception dans notre pays, nourri des enseignements du mouvement ouvrier international, a toujours rejeté et condamné les coups d’Etat.

Tous les états d’exception y compris ceux issus de coup d’Etats les moins violents ont conduit en définitive à la désolation et la misère pour les travailleurs et les populations. C’est pourquoi, les travailleurs à travers leurs organisations syndicales ont œuvré au retour à une vie constitutionnelle normale dans les années 1990.

Concernant spécifiquement le RSP, le mouvement syndical n’a eu de cesse, depuis le début de la transition, d’exiger sa dissolution pure et simple. Cette exigence, nous l’avons encore réitérée avec insistance mais vainement lors de la dernière rencontre Gouvernement/Syndicats. En attendant que les responsabilités soient situées là-dessus, les organisations syndicales considèrent que l’urgence est de faire face à cette forfaiture d’un régiment qui a causé tant de malheurs et de torts à notre peuple.

Travailleuses et travailleurs du Burkina Faso,
L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2015 auquel le mouvement syndical a largement contribué constitue une grande avancée dans la quête d’une vraie indépendance et d’une démocratie véritable.

En opérant son coup d’Etat, le Régiment de sécurité présidentielle non seulement restaure le régime déchu de Blaise COMPAORE, mais aussi et surtout remet en cause les acquis de l’insurrection. Déjà, le bilan humain et matériel est lourd : au moins une vingtaine de morts par balles, des blessés graves, des dégâts matériels considérables, sans oublier l’isolement politique et diplomatique du pays.

Au regard de ce qui précède, l’unité d’action syndicale qui a déjà lancé un mot d’ordre de grève générale condamne et rejette le coup d’Etat du RSP qui met plus que jamais en péril la démocratie dans notre pays et fait courir à notre pays le risque d’une guerre civile réactionnaire. C’est pourquoi, l’UAS dénonce :

  • la prise en otage du Président du Faso, du Premier Ministre et des ministres et exige leur libération sans condition ;
  • les tirs à balles réelles et les violences contre les populations ;
  • les brutalités contre les hommes des media et les media ;

L’UAS remercie les organisations syndicales sœurs de la sous-région, d’Afrique, les organisations syndicales et politiques de France, de même que les nombreux amis et partenaires de nos organisations et du Burkina qui ont commencé à manifester leur solidarité envers le mouvement syndical et le peuple burkinabè.

Tout en félicitant les travailleurs pour le suivi de son mot d’ordre, l’UAS appelle ses militantes et sympathisantes, l’ensemble des travailleuses et travailleurs sur l’ensemble du territoire, à se mobiliser pour :

  • faire échec à ce énième coup d’Etat dans notre pays ;
  • exiger la libération de toutes les personnes arrêtées ;
  • prendre une part active aux actions du peuple en lutte.

NON AU COUP D’ETAT !
NON A LA GUERRE CIVLE REACTIONNAIRE !
NON A LA REMISE EN CAUSE DES LIBERTES INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES !

Ouagadougou, le 19 septembre 2015

Ont signé :
CGT-B, Bassolma BAZIE, Secrétaire Général
CNTB, Augustin Blaise HIEN, Secrétaire Général
CSB, Olivier G. OUEDRAOGO, Secrétaire Général
FO/UNSL, El Hadj Inoussa NANA, Secrétaire Général
ONSL, Paul N. KABORE, Secrétaire Général
USTB, Y. Georges KOANDA, Secrétaire Général
SAIB , O. Pascal OUEDRAOGO, Secrétaire Général
SATB, Séni KOANDA, Secrétaire Général
SAMAE, Rasmané CONGO, Secrétaire Général
SATEB, Arnold Mwandja BANGOU, Secrétaire Général
SBM, Moriba TRAORE, Secrétaire Général
SNEAB, Séma BLEGNE, Secrétaire Général
SNESS, Samuel DEMBELE, Secrétaire Général
SYNTRAPOST, Gilbert GOH, Secrétaire Général
SYNAPAGER, Apollinaire KABORE, Secrétaire Général
SYNATEB, François de Salle YAMEOGO, Secrétaire Général
SYNTAS, Juste LOGOBANA, Secrétaire Général
SYNATEL, Souleymane SO, Secrétaire Général
SYNATRAD, Mathias KADIOGO, Secrétaire Général
SYNATIC, Siriki DRAME, Secrétaire Général
SYNATIPB, Jean–Baptiste OUEDRAOGO, Secrétaire Général
SYSFMAB, Mariam TIEMTORE, Secrétaire Général
UGMB, Gabriel SEBGO, Secrétaire Général


Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB)

DECLARATION
Appel à la mobilisation et à la résistance

Camarades étudiantes et étudiants,
Le 16 septembre 2015, le tristement célèbre Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) a encore une fois pris en otage le conseil des ministres, séquestrant le Président de la Transition, Michel KAFANDO, le Premier ministre Yacouba Isaac ZIDA et des membres du gouvernement de la transition. Alors que l’on condamnait ce énième agissement du RSP, dans une déclaration lue sur les antennes de la Télévision nationale Burkinabè (TNB) le 17 septembre 2015 aux environs de de 07h 25min par le médecin lieutenant-colonel Mamadou Bamba, ancien responsable du Comité Révolutionnaire (CR) de l’université de Ouagadougou dans les années 1990, nous apprenons la création d’un Conseil National de la Démocratie (CND). Dans cette même déclaration, le RSP proclame avoir démis le Président de la transition de ses fonctions, dissout le gouvernement et le Conseil national de la Transition (CNT). Ainsi donc, le « fameux » RSP venait d’orchestrer encore une fois en moins d’une année un vulgaire coup d’Etat militaire (après celui du 1er Novembre 2014).

Ce régiment, comme l’a toujours affirmé l’UGEB n’est en réalité qu’une armée dans l’armée, voire une milice qui a toujours soutenu le pouvoir de Blaise COMPAORE en commettant des sales besognes. En effet, ce régiment est impliqué dans les assassinats de dignes fils de notre pays dont notre camarade DABO Boukary, Norbert ZONGO... C’est l’une des raisons pour lesquelles l’UGEB a toujours exigé et continue d’exiger aujourd’hui plus que jamais sa dissolution pure et simple. Et ce, tout en condamnant avec la dernière énergie cette nième irruption de l’armée dans la vie politique de notre pays.

Camarades étudiantes et étudiants,
Ce coup d’Etat militaire n’est que le prolongement de celui déjà opéré par le même régiment le 1er Novembre 2014 avec le soutien de certaines OSC putschistes et de l’impérialisme principalement français pour stopper l’élan de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Le putsch du 17 septembre 2015 vise essentiellement à liquider les acquis de l’insurrection héroïque de notre peuple et à rétablir le pouvoir déchu. L’une des caractéristiques essentielles des régimes d’exception est la remise en cause des libertés individuelles et collectives, libertés chèrement conquises par des décennies de luttes au prix du sang versé. Aussi, considérant que les putschistes sont aidés dans leur sale besogne par des partis politiques (CDP et ses alliés) et certaines organisations dites de la société civile tels le
Mouvement Patriotique Burkinabè (MPB) de Alpha YAGO et le Mouvement pour la Rectification de la Démocratie de Moumouni DRABO, et des milices zélées aidant dans certaines villes (comme c’est le cas à Ouagadougou) à lever les barricades dressées par la jeunesse populaire, nous devons avoir à l’esprit que la situation peut basculer au pire des cas dans une guerre civile pleine de conséquences catastrophiques pour notre peuple.

Camarades étudiantes et étudiants,
Loin d’être un soutien à la transition, la lutte actuelle est une lutte pour la défense des acquis de l’insurrection populaire et pour le progrès social véritable. Pour cela, l’ensemble des étudiantes et étudiants, les progressistes et les démocrates sincères doivent dénoncer avec fermeté et détermination et résister à ce putsch. C’est pourquoi, l’UGEB :

  • condamne fermement le putsch perpétré par le RSP ;
  • exige la dissolution pure et simple du RSP ;
  • appelle les étudiantes et étudiants burkinabè à se mobiliser dans leurs villes, villages et quartiers respectifs en vue d’organiser une résistance active aux côtés des autres composantes du peuple. Par ailleurs, l’UGEB les appelle à se tenir à répondre promptement à tout mot d’ordre que commanderait l’évolution de la situation.

Non au coup d’Etat militaire !
Non à une guerre civile !
En avant pour la résistance active !
En avant pour la dissolution du RSP !
En avant pour la satisfaction de nos aspirations profondes !
En avant pour la défense des acquis de l’insurrection populaire !
Pain et liberté pour le peuple !

Ouagadougou, le 18 septembre 2015
Le Comité Exécutif

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