Publié le dimanche 18 juin 2017
MAI 2017 : L’ETAT FRANCAIS OPPRIME TOUJOURS EN GUADELOUPE
En 1967 la Guadeloupe est re ?gulie ?rement secoue ?e par des re ?voltes sociales qui pre ?sentent un caracte ?re spontane ?. Ainsi au mois de mars, a ? Basse-Terre et Pointe-a ?-Pitre, un mouvement de protestation contre les actes et propos racistes se traduit par l’occupation de la rue et des affrontements physiques avec les forces policie ?res qui, comme toujours et par nature, sont le bras arme ? de la de ?mocratie en pe ?riodes de monte ?e des luttes.
En mai ce sont plusieurs milliers d’ouvriers du Ba ?timent qui se mettent en gre ?ve sur la base de revendications spe ?cifiques a ? leur secteur professionnel, ils exigent en particulier une revalorisation salariale de 2%. Le 26 mai, 2000 ouvriers sont venus soutenir leur de ?le ?gation qui ne ?gocie avec le patronat. Selon la de ?claration de L’A.G.T.A.G. (Association Ge ?ne ?rale des Travail- leurs Antillais et Guyanais), qui relate alors les e ?ve ?nements, l’insulte de « sale ne ?gre » de ?- clenche une e ?meute et les « ke ?pis rouges » tirent sur la foule. Le bilan officiel de ce massacre est incertain, de 7 a ? 80 victimes selon les sources. Cette re ?pression ne tombe pas du ciel elle re ?sulte de choix du pouvoir dans un contexte historique pre ?cis.
Le vent inde ?pendantiste souffle alors sur la Guadeloupe ou ? une partie de la population locale aspire a ? l’inde ?pendance, sous l’influence notamment de la lutte victorieuse, en 1962, du peuple alge ?rien. Depuis 1964 le G.O.N.G. (Groupe d’Organisation Nationale de Guadeloupe), cre ?e ? en 1963 en France, de ?veloppe dans l’i ?le une propagande active. Jacques Nestor, membre du G.O.N.G. est une cible, il sera le premier a ? e ?tre abattu. Ce que le pouvoir tente alors de museler ce sont les luttes sociales mais e ?galement l’amorce d’un combat anticolonialiste de ?termine ?. A cette e ?poque les livres de Franz Fanon « Peau noire, masques blancs », ou « Les Damne ?s de la Terre », pre ?face ? par Jean-Paul Sartre, sont saisis par la police.
Une re ?pression massive a lieu les 26 et 27 mai. Outre les morts, les dizaines de blesse ?s, plus de 80 arrestations. Des personnes sont tabasse ?es apre ?s leur arrestation. Le pre ?fet Bolotte, qui orchestre la chasse a ? l’homme e ?tait en poste a ? Alger, durant la « bataille d’Alger » et il me ?ne une guerre pre ?ventive pour e ?radiquer le mouvement naissant pour le droit a ? l’autode ?termination. Le 19 fe ?vrier 1968, 18 de ?tenus sont juge ?s en Me ?tropole devant la Cour de Su ?rete ? de l’Etat pour « ...atteinte a ? l’inte ?grite ? de la Su ?rete ? nationale...». Certains e ?copent de 4 ans de prison ferme.
Un e ?pisode sanglant re ?ve ?lateur de la nature de l’Etat colonialiste franc ?ais et porteur de lec ?ons. Les e ?ve ?nements de Mai 1967 a ? Pointe-a ?-Pitre sont particulie ?rement dramatiques mais il ne s’agit pas d’un cas isole ?, d’une bavure. En 1952, durant une gre ?ve au Moule, 7 guadeloupe ?ens sont assassine ?s. Le 31 mars 1962, les CRS ouvrent le feu aux Abi ?mes contre des coupeurs de canne en gre ?ve, faisant un bain de sang.
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Mais au-dela ? de la re ?pression, les militants-es tireront des lec ?ons de ce combat. En premier lieu l’hostilite ? a ? l’e ?gard du Parti Communiste Guadeloupe ?en qui cautionne la politique coloniale du pouvoir. Bangou, maire de Pointe-a ?-Pitre sera conspue ? quand il essaiera d’appeler au calme. Et surtout le choix sera fait de s’organiser en toute autonomie par rapport e ?galement a ? la CGTG. En 1970 sera cre ?e ?e l’U.T.A. (Union des Travailleurs Agricoles), syndicat inde ?pendant des organisations franc ?aises. Et 1973 verra la naissance de l’U.G.T.G. (Union Ge ?ne ?rale des Travailleurs Guadeloupe ?ens) qui deviendra la force syndicale significative de l’i ?le, e ?le ?ment moteur des gre ?ves de 2009. Cette orientation pour enraciner le mouvement dans les entreprises et en milieu rural
sera de ?terminante, elle de ?coule directement des re ?voltes de 1967.
Rendre hommage aux victimes du combat social et anticolonialiste. Cela implique de lever les zones d’ombre qui entourent cette re ?pression un demi-sie ?cle apre ?s. Ainsi que le revendique le « Kole ?ktif doubout pou Me ? 67 » qui exige :
- La reconnaissance de ces faits comme crime colonial.
- L’ouverture des Archives.
- La re ?paration pour les victimes et leurs familles.
- La condamnation de l’Etat franc ?ais.
Telles sont les revendications de la marche appele ? le 27 mai a ? Paris de Nation a ? Re ?publique.
31 MAI 2017 SOLIDARITE AVEC ELIE DOMOTA
Le 31 mai 2017 s’ouvrira a ? Pointe-a ?-Pitre le proce ?s d’Elie Domota, Secre ?taire Ge ?ne ?ral de l’U.G.T.G., poursuivi par un cadre de BMW pour « violence en re ?union ». Ceci alors que le syndicat menait une lutte contre une vague de re ?pression a ? l’encontre de syndicalistes. Notre organisation a e ?crit au Garde des Sceaux pour demander l’arre ?t des poursuites a ? l’encontre de l’U.G.T.G. et de son secre ?taire Elie Domota, en de ?nonc ?ant ces mesures re ?pressives qui s’inscrivent dans la logique de criminalisation du mouvement social.