communiqué du secrétariat international de la CNT sur les menaces qui pèsent sur l'hôtel autogéré BAUEN en Argentine
Publié le dimanche 19 février 2017
A l’origine l’ho ?tel BAUEN a e ?te ? construit, sous la dictature militaire (1976-1983), dans le cadre de la coupe du monde de football de 1978 (Coupe du monde qui avait suscite ? un vaste mouvement de boycott), par un investisseur prive ? ayant be ?ne ?ficie ? d’un pre ?t public. Ce lieu e ?tait ensuite devenu un espace ho ?telier au service de l’e ?lite argentine et des touristes e ?trangers. Concurrence ? par les nouveaux ho ?tels de luxe l’ho ?tel BAUEN ferme ses portes en de ?cembre 2001.
Depuis mars 2003 les employe ?s-e ?es ont pris en mains la gestion de l’ho ?tel, partagent les ta ?ches et les salaires, prennent les de ?cisions en assemble ?es ge ?ne ?rales. Ils ont cre ?e ? la Coope ?rative ouvrie ?re des travailleurs-ses de BAUEN, structure autoge ?re ?e d’abord en lien avec le Mouvement National des Entreprises Re ?cupe ?re ?es (MNER, syndicat des coope ?ratives de production), puis depuis 2007 avec la Fe ?de ?ration Argentine des Coope ?ratives de Travail Autoge ?re ?es (FACTA). La re ?ouverture du lieu a repris en 2004, la cafeteria Utopia a e ?te ? reconstruite en liaison avec l’usine de ce ?ramique Zanon, une des 300 entreprises re ?cupe ?re ?es par les salarie ?s-e ?es en Argentine dont l’ancien patron a e ?te ? exproprie ?.
Face a ? cette de ?monstration pratique des capacite ?s autogestionnaires des 130 employe ?s-e ?es le pouvoir argentin a mene ? une offensive e ?tatique contre cette re ?alisation. En de ?cembre 2005 le parlement de Buenos-Aires a ainsi vote ? la restitution de l’ho ?tel a ? la famille de l’ancien proprie ?taire. Mais depuis 14 ans la re ?sistance ouvrie ?re et populaire constitue un rempart autour de cet acquis autogestionnaire et ce combat a e ?te ? consacre ? le 30 novembre 2016, jour ou ? le Se ?nat argentin a promulgue ? la loi d’expropriation de l’ho ?tel BAUEN en faveur de la coope ?rative des travailleurs-ses, loi qui par ailleurs reconnai ?t e ?galement les activite ?s sociales et culturelles du lieu. Cette de ?cision est de fait une condamnation des conditions de construction de l’e ?difice : un pre ?t public accorde ? par la junte militaire et jamais rembourse ?.
Le veto du Pre ?sident argentin Mauricio Macri.
Cette loi favorable aux employe ?s-e ?es est remise en cause par le Pre ?sident argentin qui se fait le de ?fenseur des inte ?re ?ts de la famille de l’ancien proprie ?taire et donc qui cautionne les activite ?s et la corruption en vigueur sous la dictature.
Dans le cadre de cette lutte de la Coope ?rative Autoge ?re ?e de l’ho ?tel BAUEN la CNT-F :
- Affirme sa solidarite ? syndicaliste, militante avec la bataille des 130 salarie ?s-e ?es pour la conservation de la gestion du lieu.
Soutient la revendication de l’application de la loi d’expropriation vote ?e le 30/11/2016, qui reconnai ?t l’autogestion de l’ho ?tel ainsi que ses buts sociaux,
culturels et solidaires.
De ?nonce le veto du Pre ?sident Mauricio Macri, acte synonyme de la mise au cho ?mage de 130 personnes, et expression d’une collusion me ?morielle avec les pratiques de la sanglante et corrompue dictature militaire.
Appelle a ? la signature de la pe ?tition internationale pour le soutien a ? la Coope ?rative Autoge ?re ?e des travailleurs-ses de l’ho ?tel BAUEN.
https://www.change.org/p/senadoargentina-por-la-aprobaci%C3%B3n-de-la-ley- del-hotel-bauen-media-sanci%C3%B3n-victoria-completa
Paris, le 15 fe ?vrier 2017.
Groupe de travail Ame ?rique Secre ?tariat International de la CNT-F